Image par Robert Balog, https://pixabay.com/fr/photos/des-arbres-for%C3%AAt-brouillard-brumeux-975091/
Rôle des forêts pour stocker le carbone
La forêt joue un rôle essentiel comme puits de carbone. Grâce à la fonction chlorophyllienne des feuilles qui absorbent le CO2 de l’atmosphère pour le transformer en carbone sous la forme du bois. Au niveau mondial, les forêts représentent 30% de la capacité d’absorption. Pour la forêt française, c’est 10%.
Dans la trajectoire vers l’objectif zéro carbone à l’horizon 2050, il est prévu que la forêt française puisse absorber le CO2 résiduel.
Perte de 50% de cette capacité en 10 ans
Dans son inventaire sur la forêt française pour 2024, l’IGN constate que le changement climatique a un fort impact sur leur santé : en 10 ans elles ont perdu 50% de leur capacité à capter du carbone.
Pour en savoir plus :
Description de ce constat par Philippe Ciais, chercheur au LSCE
Dans la vidéo faite par le Shift Project, intitulée « Puits de carbone naturels » – rencontres académiques 2024, la troisième partie faite par Philippe Ciais, chercheur au LSCE (Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement) décrit très bien l’évolution de cette capacité des forêts en Europe dont la forêt française.
Une mortalité naturelle qui a augmenté de 80% due aux maladies, sécheresses, incendies,
Un taux de mortalité de 54% pour les nouvelles plantations
Est-il possible d’arrêter cette tendance ?
Dans son exposé, Ph. Ciais explique que la filière bois ne peut pas compenser cette perte d’absorption pour l’utilisation du bois dans le bâtiment et autres utilisations qui le gardent sous la forme du bois.
Également, il faut garder les vieilles forêts, car les nouvelles plantations créent une dette carbone au début.
Avoir des données précises sur l’état de nos forêts pour prendre les décisions adéquates en termes de gestion, santé et choix des espèces en fonction de chaque forêt.
Comment remédier à cette perte de capacité à stocker le carbone ?
En allant vers une gestion durable des forêts telle que celle que pratique l’ONF. Nous l’avons vu appliquer lors de notre plantation pédagogique du 5 février 2025.
Et éviter la déforestation !
Obtenir des données précises sur l’état de nos forêts pour prendre les décisions adéquates en termes de gestion, santé et choix des espèces en fonction de chaque forêt.
Utilisation des données satellites couplés à des modèles d’IA
Les disparités régionales entre les forêts sont très fortes en France. Une forêt alpine où les pentes sont très fortes est très différente avec une forêt périurbaine telle que la forêt de Saint-Germain et celle de Marly pour leur gestion.
Le LSCE développe une captation d’images de haute définition (ce qui permet d’avoir l’état de chaque arbre) par des passages quotidiens de satellite. Ces données couplées à des modèles d’IA permettent d’avoir des cartes qui permettent de suivre l’évolution des gains et pertes de chaque parcelle au niveau de chaque arbre.
Développer le potentiel des arbres hors des forêts
Ces modèles d’analyse ont été adaptés aux arbres et toutes zones arborées comme les haies hors des forêts. Ce potentiel des arbres hors des forêts n’est pas pris en compte dans l’inventaire forestier. Or il y a de fortes disparités en termes de couverture arborée. Ainsi la façade atlantique Normandie Bretagne a un taux de couverture arborée de plus de 20%. Donc éviter la suppression des EBC (Espace Boisé Classé), planter des arbres, des haies, etc
Attention : pour en savoir plus sur le puits de carbone !
« Le puits de carbone n’est pas une “fonction des forêts”, mais une phase transitoire des dynamiques forestières » :
Voir l’article d’Henri Cuny ingénieur et docteur en biologie végétale et forestière travaillant actuellement à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).